dimanche 6 septembre 2009

Accoucher à la maison serait-il plus sécuritaire qu'à l'hôpital?


Une récente étude, dirigée par la Dre Patricia Janssen de l'Université de la Colombie-Britannique, vient confirmer ce que plusieurs intervenants en périnatalité soutiennent depuis des années: pour les grossesses considérées normales, accoucher à la maison avec une sage-femme qualifiée est aussi sécuritaire qu'en milieu hospitalier avec un médecin.

Les résultats de l'étude sont assez éloquents :

S’agissant du taux de mortalité néonatale: celui-ci a été de 0,35/1000 pour les naissances planifiées et complétées à la maison avec sage-femme ; de 0,57/1000 pour les naissances à l’hôpital avec sage-femme ; et de 0,64/1000 pour celles à l’hôpital avec un médecin.

Quant aux interventions obstétricales : d’une façon très significative, en comparaison avec celles ayant accouché en milieu hospitalier, les femmes qui ont accouché à la maison ont reçu beaucoup moins d’interventions obstétricales et, par conséquent, ont évité plusieurs complications – telles que déchirures périnéales de 3ième et 4ième degrés, hémorragie postpartum, césarienne, etc.

Quant à l’état général du bébé : on a observé que les nouveau-nés ayant vu le jour à la maison avaient beaucoup moins de chance de présenter des signes de détresse respiratoire, d’ingestion de méconium ou encore d’avoir besoin de réanimation cardio-respiratoire que ceux nés en milieu hospitalier.

Cette étude a été menée sur une période de cinq ans auprès d’un nombre total de 12,982 femmes, réparties en trois groupes : un premier de 2899 femmes ayant planifiées et complétées une naissance à la maison accompagnées d’une sage-femme accréditée, un second de 4752 femmes qui, quoique répondant aux critères d’une naissance à la maison, ont accouché à l’hôpital et un troisième de 5331 femmes suivies et accouchées par un médecin en milieu hospitalier.

La pertinence et le sérieux de cette étude sont incontestables et ce, tant au niveau de la rigueur que du nombre de personnes qui y ont participé. On s’y attend, les détracteurs de l’accouchement à la maison y trouveront des failles et bien sûr, comme toute étude, celle-ci comporte certaines lacunes, mais d’une manière générale je pense que les conclusions de la Dre Janssen et de son équipe peuvent être considérées comme point de référence.

Une chose est certaine, voilà une étude qui ranimera le débat entre les partisans et les opposants à la naissance naturelle à la maison.


De nos jours, il faut passer par la science pour prouver ce que le cœur a sût depuis toujours. Et le cœur d’une mère…



Plus tôt cette semaine, Radio-Canada Web Information a publié un billet sur le sujet. Non moins intéressants sont les commentaires des internautes au bas de l’article... le débat est relancé !
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2009/09/01/001-accouchement-maison-risques.shtml#commentaires

Pour le rapport détaillé de l’étude : Journal de l'Association médicale canadienne (information disponible en anglais seulement):
http://www.cmaj.ca/cgi/rapidpdf/cmaj.091240

mercredi 2 septembre 2009

Lorsque la camomille se porte au secours des coliques...

Un rapport de l’Académie américaine de pédiatrie (American Academy of Pediatrics) vient de confirmer ce que les herboristes savent depuis des lustres : des herbes douces, telles que la camomille et la mélisse seraient utiles pour apaiser les bébés incommodés par ces grandes redoutées que sont les coliques.

Comme le présente un article du New York Times (lien au bas de la page), des études cliniques tendent à démontrer qu'un mélange d'herbes, à base de camomille et de mélisse, aurait un effet calmant et bénéfique sur la digestion. Son utilité auprès des bébés présentant des signes de coliques serait suggérée.

Comment se fait-il que je ne sois pas étonnée de ces conclusions ?

Outre le questionnement intéressant que cet article soulève quant à l’existence réelle d’une affection nommée « colique », il est non moins intéressant de constater que la communauté scientifique s’ouvre enfin sur la possibilité de réels effets médicinaux de certaines plantes.


Ce savoir ancien des propriétés thérapeutiques des plantes médicinales s’est transmis au fil des âges entre herboristes de toute origine.

La camomille matricaire (ou allemande) – Matricaria Chamomila – a un effet antispasmodique, eupeptique, calmant et tonique. C’est une herbe douce, excellente pour la digestion, qui calmera autant bébé que maman.

Dans les premiers mois de sa vie, bébé doit faire preuve d’une adaptabilité remarquable. Il faut comprendre que ce petit chéri se trouvait très bien, au chaud, dans le ventre de sa mère… Pour lui, tout est à apprendre, à apprivoiser. De plus, son système digestif prendra encore quelques mois avant d’atteindre une certaine maturité, ce qui rend bébé-chéri plus vulnérable aux coliques – ces fortes douleurs abdominale, causées par des contractions spasmodiques de l’intestin souvent accompagnées de gaz intestinaux.

Ainsi, afin d’aider à la digestion de bébé-chéri, il est suggéré à la maman qui allaite de boire des infusions d’herbes aromatiques telles que le fenouil, l’anis étoilé, la coriandre, l’aneth. Leur effet antispasmodique et carminatif passera dans le lait maternel et aidera grandement bébé.

Combiné à des tisanes d’herbes douces et calmantes, notamment la camomille et la cataire – Nepeta cataria – ces simples remèdes peuvent être d’un grand secours.

Ceci dit, il est toujours judicieux de consulter un/une herboriste spécialisée dans les soins aux nouvelles mamans et aux bébés avant de prendre tout mélange d’herbes. Malgré la bénignité de la grande majorité des herbes, il est important de s’assurer d’un dosage correct et de l’absence d’une possible contrindication ou interaction avec d’autres remèdes.

Et bien sûr, il faut consulter son médecin sans tarder si les signes de malaises persistent ou s’aggravent. Celui-ci pourra poser un diagnostique clair et s’assurer qu’il n’y ait pas de problèmes sous-adjacents.


Lien vers l'article du New York Times: http://www.nytimes.com/2009/09/01/health/01real.html